Six ans jour pour jour après l’incendie qui a dévasté la toiture de l’édifice, la fin du chantier a été l’occasion d’une « photo de famille » sur laquelle ont posé quelques-uns des artisans ayant œuvré sur le chantier, ainsi que les services de la ville de Nantes qui ont mené les travaux et le Père Michel Bonnet, principal interlocuteur et curé de la paroisse Saint Donatien. Ces années de travaux ont permis de découvrir une basilique comme on ne l’a jamais connue : les murs ont été entièrement nettoyés et sa clarté impressionne dès l’entrée ! Les palissades entourant la petite place vont bientôt disparaître, la basilique va retrouver ses bancs et le chœur sera installé dans l’été… La première messe y sera célébrée le 29 août prochain, présidée par Mgr Percerou qui consacrera alors le nouvel autel, dans un chœur entièrement repensé.

Le Père Michel Bonnet explique ainsi les choix qui ont été faits dans le chœur : l’incendie n’a pas provoqué de dégâts énormes sous la voûte, mais elle a pris l’eau avant l’installation d’un parapluie (échafaudage impressionnant qui a ensuite recouvert entièrement la basilique). En 2018, la mairie a fait le choix de sa rénovation complète. La paroisse, elle, s’est interrogée sur la nécessité de rénover le chœur. Il était de forme rectangulaire et très vaste, les marches étaient un peu dangereuses. « Nous avions à notre disposition l’ancien autel de l’hôpital de Pornic qui venait de l’abbaye cistercienne de Buzay (à Rouans, proche du canal  de la Loire). Détruite lors de la Révolution française, certains moines ont sans doute fait partie des martyrs de cette époque. Dans la basilique consacrée aux martyrs nantais, alors même qu’un des curés de la paroisse, l’abbé Yves Coat, comptait parmi les prêtres, morts en haine de la foi, noyés dans la Loire en 1793. L’Agneau pascal y est figuré. Cela nous a paru avoir du sens de continuer ainsi à honorer les martyrs ». Cet autel, en marbre bleu rose, va prendre place  dans un chœur aux lignes architecturales nouvelles : trois marches forment à présent un arrondi en harmonie avec l’arrière-chœur. Juste derrière l’autel, une balustrade protège la percée retrouvée lors des travaux qui permet de voir, juste en-dessous dans la crypte, l’autel des deux martyrs. Restera le chantier de l’orgue : son relevage était prévu avant l’incendie. Une commission mixte municipalité-diocèse et paroisse poursuit la réflexion sur le choix de ce dernier. La poussière persistante même après la fin du chantier ne permet pas d’envisager déjà une telle installation. Pour la première messe, fin août, un orgue provisoire déploiera ses sonorités et accompagnera la prière des paroissiens, certainement nombreux et impatients de retrouver la basilique des « Enfants Nantais ».

Isabelle Nagard
Article de la revue ELA n°116 – juillet-août 2021