Ce vendredi 16 janvier, à Conflans Ste-Honorine, un de vos collègues de l’enseignement public, professeur d’histoire-géographie, a été sauvagement assassiné par un fanatique islamiste. Je voudrais tout d’abord exprimer mon effroi devant cet acte qui touche un homme dont la mission était la plus belle qui soit ! Il voulait, avec vous tous, permettre aux jeunes de déployer tous leurs talents afin qu’ils deviennent des hommes et des femmes responsables de leurs frères et sœurs en humanité, bâtisseurs d’un monde où règne la paix, la justice, dans le respect et l’accueil de la différence. Il voulait, avec vous tous, que par l’accès à la connaissance et l’ouverture à la diversité, les jeunes deviennent acteurs de fraternité, contre tous les fanatismes et les extrémismes.

Cette mission est portée par tous les enseignants, de l’enseignement public comme de l’enseignement catholique. Pour notre part, cette mission s’enracine dans notre foi au Dieu de Jésus-Christ, un Dieu que nous appelons Père, un Père aimant qui ne demande pas de détruire, d’opprimer ou d’assassiner son semblable, mais d’aimer comme lui-même nous a aimés en Jésus son Fils. Je crois qu’animés par cet amour, vous les enseignants, vous devez sans relâche et sans peur continuer cette mission d’éducation plus que jamais essentielle. Elle est le cœur de votre vocation.

Les disciples de Jésus-Christ croient qu’il a triomphé du mal et de la mort, qu’il est ressuscité, vivant au cœur de ce monde. Aussi, j’ai une espérance, une certitude : votre engagement aux côtés des jeunes n’est pas vain, il contribue à bâtir cette « civilisation de l’amour » que le Christ nous a demandé d’édifier.

En ce moment d’épreuve, je veux par ce message vous assurer de mon amitié, de mon soutien sans faille et vous inviter à relire cet événement à la lumière de la foi chrétienne entre vous et également avec vos élèves. Ma prière vous accompagne.

Laurent PERCEROU,
Evêque de Nantes.