Comme chaque année l’association nantaise a donné la parole successivement à :
- Jean-Luc Frémon, président de l’association Tibhirine,
- Ehadi Azzi, conseiller municipal de Nantes,
- Etienne Destouches, chargé des cultes à la Préfecture de Loire-Atlantique,
- Pierrot Munch, pasteur de l’Église protestante unie de Loire- Atlantique,
- René Gambin président du Consistoire israélite de Nantes,
- Grégoire Charmois, chrétien orthodoxe, président du collectif interreligieux multilatéral pour la Paix en Charente à Doumérac,
- Mme Mathilde Bellanger Finot, déléguée épiscopale pour l’initiation et la formation chrétiennes,
Madame Assia Bouaricha, secrétaire générale AIOF, pour la communauté musulmane de la Mosquée Assalam à Nantes, - Bertrand Griffon, expression baha’ie,
- Pascal Massiot, expression agnostique,
- Alain Chevalier, aumônerie bouddhiste, Union bouddhiste de France,
- Martine Quentric, de la Maison du Dialogue et de la Paix,
- Jacques Hubert, de MADIPAX.
Chacun a eu un temps d’expression suivi d’un temps de silence et des pauses musicales par le groupe Christa et la Chorale Bnat Bladi.
Voici l’expression de Mathilde Finot, représentant Mgr Percerou pour cette cérémonie :
Si je dis paix et que je m’agace à la moindre contrariété,
si je m’insurge sur tout retard, sur toute branche sur mon chemin ;
alors c’est que je ne crois pas à la paix.Si je dis paix et que je répands des médisances sur mon voisin,
si je cancane sur ma belle-sœur et sur mes voisins de bureau ;
alors c’est que je ne sais pas construire la paix.Si je dis paix et que je mets des bâtons dans les roues de la politesse,
si je retiens mes sourires et mes regards ;
alors c’est que je refuse la paix.Si je dis paix et que je me mets en avant,
que je veux la première place et mettre les autres derrière moi ;
alors c’est que je ne comprends pas la paixSi je dis paix et que je laisse passer par moi la violence verbale, physique ou psychologique ;
alors c’est que j’ignore la paixAlors que dire ?
Alors que faire ?Peut-être pourrais-je garder le calme
au milieu des contrariétés quotidiennes.
Alors, peut-être, saurais-je enfin être vecteur de quiétude autour de moi, peut-être…Peut-être pourrais-je en moi reconnaître ma propre violence,
mes envies de colère, mes peurs et mes inquiétudes.
Alors, peut-être, saurais-je enfin transformer cette violence en création, peut-être…Peut-être pourrais-je laisser paraître mes failles,
mes manquements et mes doutes.
Alors, peut-être, saurais-je enfin laisser passer un peu de lumière, lumière qui a besoin de ce vide, peut-être…Peut-être pourrais-je retenir mes mains et mes mots avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Alors, peut-être, saurais-je enfin créer de la paix avec ma parole et mes gestes, peut-être…
Et si on essayait ?
Pas longtemps, un jour, une heure, une minute ;
et un peu plus le lendemain, deux minutes, deux heures…Et si on osait tenter la paix ?
Même pour un temps limité ?Rêvons un peu ce soir :
si tous les humains tentaient ces quelques mots une seule minute de leur temps, qu’il serait radieux notre monde, encore plus beau qu’il ne l’est déjà ; quelle paix nous vivrions et quelle paix nous pourrions offrir.Rêvons un peu ce soir car ce rêve est à portée de mains et d’actes, c’est nous, c’est vous, c’est moi, qui le portons, là, maintenant, tout de suite.
Au nom de l’Église catholique en Loire-Atlantique et de son évêque Laurent Percerou, je vous souhaite une douce année de paix, aussi pacifique et paisible que nous oserons la porter au monde.










