Enfant qui pleureLors de leur Assemblée plénière de mars 2021, les évêques de France ont institué une journée annuelle de mémoire et de prière pour les personnes victimes de violences sexuelles et d’abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Église. Celle-ci a pris une place pérenne dans le calendrier liturgique, chaque troisième vendredi de Carême. Cette année il s’agit du vendredi 13 mars 2026.

Comme les années passées, la messe du jour est célébrée à cette intention. La prière universelle du dimanche précédent (8 mars) ou suivant (15 mars), est proposée par les services de liturgie et de la Protection des mineurs, en lien avec la CEF.

Cette année la veillée diocésaine se déroulera en trois temps :

  • Mgr Percerou présidera la prière des vêpres à 18h à l’église Sainte-Bernadette d’Orvault,
  • Un repas partagé suivra dès 18h45 dans une salle attenante,
  • A 20h, débutera la pièce de théâtre « Pardon ? », pièce autobiographique du comédien Laurent Martinez, donnée depuis 2019, dans 43 villes (près de 90 représentations).

Cette représentation (participation libre) sera suivie d’un échange avec la salle.

Ce temps d’Église est aussi mis à profit pour faire prendre conscience à tous de la nécessité de prévenir et d’agir pour éviter toutes les situations pastorales et humaines qui peuvent conduire à toutes formes d’abus sur les plus fragiles.

Pardon ?
Note d’intention par Laurent Martinez

Un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles, le chiffre est intolérable et suffit à ce que l’on veuille renverser des montagnes pour que cela change. J’ai été choisi, j’avais 8 ans, un sur cinq et c’était moi. Lui il était prêtre et je n’ai rien dit. 40 ans de silence, et aujourd’hui je veux aider, « faire ma part » comme dirait Pierre Rabhi, et même plus. Il faut dénoncer l’horreur pour que la prise de conscience collective soit la plus importante possible.

Mais il faut surtout apporter des solutions, des pistes de travail, vouloir que les choses changent en libérant la parole, et aussi en montrant l’impossible, l’intolérable, l’insupportable. On veut le condamner et même l’exécuter pour l’horreur de ses crimes, mais nous sommes au 21e siècle et le pédophile est aussi et d’abord un être humain.

Dans la pièce, Gabriel va témoigner de l’impact de ce viol sur sa vie, de ses conséquences au quotidien, notamment sur son histoire d’amour avec Camille, et sur la possibilité qu’à l’amour de guérir une telle souffrance.

Sœur Blandine et Père François vont questionner le positionnement de l’Eglise aujourd’hui, et sa responsabilité dans la gestion de ces drames. Et puis il y aura l’espoir, celui d’une société où l’on peut vivre ensemble, tous, grâce à l’entraide, la plus impensable soit-elle.

Le spectacle vivant a pour rôle de faire évoluer les mentalités, de faire bouger les idées d’une société lorsqu’elle se replie sur elle-même, de redonner de l’humanité à un endroit où la douleur l’a gommée. Je souhaite permettre que l’on puisse parler de la pédophilie, dire le mot sans se cacher, aider à ce que l’on sorte des clichés haineux, libérer la parole pour combattre la surdité collective qui se cache derrière l’increvable cohésion de l’hypocrisie sociale. Je veux partager un objectif d’humanité qui à mes yeux est essentiel dans la construction du monde de demain dans lequel vivront mes enfants.