Samedi 29 novembre 2025, une rencontre des équipes de préparation au mariage et de préparation au baptême des petits enfants a rassemblé 70 personnes à la Maison Saint-Clair. En mars 2025, une première journée commune de formation avait déjà réuni ces équipes venant des deux pastorales, autour du thème de l’écoute des personnes et des techniques d’animation. Cette deuxième journée de formation et d’échanges est née du souhait de notre évêque d’accueillir les couples et les familles « qui demandent le sacrement de mariage ou le sacrement de baptême pour leur enfant et qui sont, pour beaucoup, loin de l’Eglise. Ils sont des cadeaux que Dieu nous envoie et ils doivent être accompagnés avec soin et amitié sur un chemin d’initiation à la foi de type catéchuménal » (p.8 des orientations diocésaines du 4 février 2024). Dépasser une simple pastorale des sacrements est un enjeu pour nos communautés. Cette journée fut donc l’occasion de nous mettre en chemin, de nous affermir et de nous soutenir dans l’accueil et l’accompagnement des couples et des familles en demande de sacrement.

Des sacrements pour cheminer et grandir ensemble

Nous avons commencé notre journée par un beau temps de prière en nous replongeant dans notre vocation de baptisés par l’écoute des Ecritures, la profession de foi baptismale puis les symboles de l’eau et de la lumière venant réveiller la mémoire de notre baptême. Puis nous avons été encouragés par Mgr Percerou pour accompagner ceux qui frappent à la porte de l’Eglise. Cette journée fut aussi rythmée par des temps d’apports du père Régis Bompérin, curé de paroisse et responsable du service de liturgie du diocèse d’Angers, un temps personnel puis en groupe et enfin en paroisse et doyenné pour nous permettre de connaître, d’échanger sur nos pratiques et de faire naître le désir de collaborer.

 

Voici les axes sur lesquels nous avons été amenés à réfléchir au long de cette journée.

  • Nous, qui sommes engagés, sommes ‘le levain dans la pâte’, et les chrétiens que nous sommes ont suffisamment de puissance pour rayonner du Christ ressuscité avec la grâce de l’Esprit-Saint.
    Mais finalement que visons-nous ? La vie. Œuvrons à une vie humaine librement vécue. Nous sommes tous appelés à devenir existentiellement ce que notre vocation humaine nous appelle à être. Nous sommes rendus participants de la vie divine en étant introduits dans les sacrements ; nous le percevons grâce aux signes visibles posés pour manifester cette réalité invisible : c’est le sens des sacrements. Ils sont un don de Dieu qui nous transforme et nous enseigne en nous faisant entrer toujours davantage en communion avec lui et avec nos frères. C’est un événement de grâce dans lequel Dieu se rend présent et se donne dans notre vie. Ceux qui demandent un sacrement connaissent souvent peu le message de l’Évangile et de la tradition chrétienne. Ils n’ont pas ces mots de la foi, mais ils portent en eux un désir, avec des épreuves et des joies qui les amènent à s’interroger sur le sens de la vie, ils ont une soif parfois difficile à exprimer de donner le meilleur. Les réseaux sociaux apportent aussi une interrogation fondamentale pour cette génération : ma tradition, quelle est-elle ? D’où je viens ? Comment témoigner du Christ à chacun ? Comment cheminer avec eux, avec ceux qui n’ont pas de représentations de l’Eglise, de la foi, de l’Évangile ? Nous sommes invités à être comme cette Église des premiers siècles qui, avec la grâce de l’Esprit-Saint, invente des chemins nouveaux pour permettre la rencontre du Seigneur.
  • Nous, qui sommes engagés, sommes invités à entrer dans un accueil inconditionnel.
    A l’instar du pape François dans Amoris Laetitia, nous devons rester vigilants à ne pas nous comporter « comme des contrôleurs de la grâce » : « l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile » §310. Jamais nous ne devrions nous satisfaire d’appliquer « seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes » §305. Accompagner est exigeant, cela demande un travail d’abord spirituel sur soi-même pour faire tomber des barrières, se former, relire nos pratiques avec nos équipes. L’accueil des personnes qui viennent avec leur histoire de vie est avant tout au service de la rencontre personnelle avec le Christ pour permettre d’accomplir un chemin de vérité et de foi avec la grâce du sacrement, sans oublier qu’elle seule permet au faible de se relever. La demande de sacrement n’implique pas la question du pourquoi mais plutôt celle du « racontez-moi ». Chaque histoire est unique et est une rencontre. Nous aidons à exprimer une intention et pas des raisons. En vérité nous ne préparons pas aux sacrements mais nous éveillons à en vivre ; et la grâce que nous demandons pour ces familles rejaillit sur nous et nous aide, nous aussi, à grandir humainement et dans notre vie de foi grâce à ce compagnonnage fraternel.
  • Nous, qui sommes engagés, prenons conscience que nous devons être des frères et sœurs ainés dans la foi.
    Notre expérience de croyant est celle de la rencontre avec le Christ, nous avons découvert qu’Il nous aimait de l’amour de Dieu son Père, nous avons appris à l’aimer, nous avons à témoigner de ce Dieu qui nous fait vivre. La foi est d’abord de l’ordre de l’expérience croyante. Nous continuons à être façonné par ce que nous croyons et célébrons. Ceux qui viennent avec une demande de sacrement de mariage ou de baptême d’un enfant vivent un moment merveilleux : la naissance d’un enfant ou la découverte de l’amour jusqu’à donner sa vie pour l’autre. C’est aussi la joie de toute la communauté. La vie chrétienne exige de parler du Christ, et cela ne peut se faire sans parler de son corps qu’est l’Eglise. C’est à partir de là qu’il nous faut témoigner d’un Dieu qui aime sans réserve et sans limite. Cette annonce de la foi doit aller à l’essentiel : l’annonce kérygmatique. Les accompagnateurs sont là pour permettre à ceux qui demandent quelque chose à l’Eglise de faire l’expérience que le Dieu des chrétiens s’est fait homme, qu’il a donné sa vie par amour et qu’il vit à jamais avec eux.

Savoir ce que nous visons, accepter de nous remettre en cause et relire nos pratiques furent les étapes vécues par notre assemblée pour aider ceux que nous rencontrons à aller à l’essentiel et à entrer dans une progression de vie chrétienne, un itinéraire de type catéchuménal. Les fruits de ces différents moments de la journée continueront à se déployer à travers le diocèse, dans les mois à venir. Mais déjà nos équipes présentes ont exprimé leur joie de rencontrer ces jeunes familles, leur accord pour se remettre en question, leur désir de témoigner, de mutualiser leurs propositions, d’être inventifs dans l’annonce de l’Evangile, de se soutenir et de relire leurs pratiques.

Dans l’élan de ce que nous avons vécu ensemble, nous avons remis les fruits de cette journée entre les mains du Seigneur en rendant grâce pour ce qui a été reçu pour nous-mêmes et nos équipes et pour tous ceux vers qui nous sommes envoyés en mission.

Poursuivons ensemble et avec enthousiasme cette mission que nous visons et qui nous est confiée : la vie en Christ !

Catherine Morio,
Responsable diocésaine de la Pastorale des familles.