Pose d’une plaque mémorielle à Saint-Stanislas : un acte de mémoire et de vérité
Le samedi 27 juin 2026, une cérémonie de pose de plaque mémorielle s’est tenue au Collège-Lycée Saint-Stanislas de Nantes, en mémoire des élèves victimes d’agressions sexuelles commises au sein de l’établissement. Personnes victimes, familles et proches, anciens élèves, responsables de l’institution et représentants de la société civile étaient réunis pour ce temps solennel de mémoire et de reconnaissance.
Une démarche de vérité et de reconnaissance
Prenant la parole au nom de l’Enseignement catholique, M. Thierry Bougère, chef d’établissement, et M. Frédéric Delemazure, directeur diocésain de l’EC44, ont ouvert la cérémonie par un mot fort : « Pardon. » Ils ont exprimé leur honte face aux souffrances endurées par les victimes, reconnu la faillite de l’institution et réaffirmé leur engagement à leurs côtés : « Notre détermination à faire reconnaître la vérité est notre combat, avec vous et pour vous. »
Mgr Laurent Percerou, évêque de Nantes, a reconnu la responsabilité de l’Église catholique, non seulement à Saint-Stanislas, mais aussi dans d’autres établissements scolaires et petits séminaires du diocèse. Exprimant sa « honte » et son « infinie désolation », il a demandé humblement pardon aux victimes, à leurs familles et à leurs proches, tout en reconnaissant que ces mots « ne peuvent à eux seuls avoir la prétention de réparer le mal commis ». Il a renouvelé l’engagement du diocèse à poursuivre et amplifier le travail de formation, de prévention et d’accompagnement des victimes.
Les représentants du collectif « Saint-Stanislas Victimes de l’institution » ont également pris la parole. Leur témoignage a exprimé la douleur de ceux qui ont vécu des violences sexuelles au sein de l’établissement, ainsi que le sentiment d’un long chemin avant que leur parole puisse être entendue, reconnue et prise en compte. Ils ont rappelé les souffrances liées aux agressions subies par des enfants et des adolescents, mais aussi les conséquences durables de ces traumatismes dans les parcours de vie. Ils ont souligné l’importance, pour eux, de pouvoir aujourd’hui nommer les faits, rendre visibles les histoires de ceux qui ont été blessés et faire œuvre de vérité.
« Aujourd’hui, notre résistance au déni, notre détermination à faire œuvre de vérité payent », ont-ils déclaré, tout en estimant que cette reconnaissance était d’abord le fruit de leur mobilisation et d’un chemin d’écoute de l’Église qu’ils auraient souhaité voir engagé plus tôt. Pour eux, cette plaque, dont la rédaction a fait l’objet d’une réflexion collective, n’est pas une réparation, mais « la récompense de notre résistance ».
Un membre du collectif a cependant relevé un signe qu’il juge significatif : « C’est la première fois que j’entends, par trois fois, « pardon ». » C’est une personne victime qui a procédé au dévoilement de la plaque.
Une étape, pas un aboutissement
À l’issue des prises de parole et d’un temps de recueillement, un moment d’échange a été proposé aux participants. Tous les intervenants l’ont souligné : cette cérémonie n’est pas une conclusion, mais une étape sur un chemin encore long. Comme l’a formulé Mgr Percerou, « faire mémoire, c’est également tirer les conséquences de ces événements et s’engager à ce que tout soit mis en œuvre pour qu’enfants et jeunes soient respectés dans leur dignité ».









