La canicule : soudain la messe devient visite

Le 22 juin 2026, la canicule contraint le Centre Hospitalier Sèvre et Loire à annuler toutes les animations collectives. La messe du mercredi matin ne pourra pas se tenir comme à l’habitude dans la salle commune « place du village » qui n’est pas équipée d’un climatiseur. Mais c’est sans compter sur l’inventivité du directeur, qui propose une alternative inattendue : plutôt que de réunir les résidents, pourquoi ne pas aller vers chacun d’eux, individuellement, dans leur chambre ? L’aumônerie saisit l’idée à bras le corps. « Une autre manière d’être attentifs et de veiller sur eux — l’Église en chemin vers nos aînés ! »
Une équipe qui se prépare, chambre après chambre
À 9h30, les bénévoles se retrouvent pour un temps de préparation, suivi d’un moment de recueillement et de prière à l’oratoire. Armés du feuillet de la messe, d’un guide pour la communion, d’un lumignon et d’une custode, ils se répartissent les visites par « villages » et par étages. Certains portent la communion pour la première fois — une étape franchie non sans émotion, pour ceux dont l’éducation enseignait qu’on ne touchait pas l’hostie.
La consigne est simple : proposer une visite, un temps de prière, la communion si le résident le souhaite. Toujours dans le respect.
Au retour, les bénévoles partagent leurs expériences. L’émotion est palpable, la joie communicative. Le personnel soignant s’est discrètement retiré des chambres pour laisser place à ces instants intimes. Les résidents, pour la plupart, ont dit oui d’emblée.
L’un d’eux s’interroge à voix haute : « C’est qui Dieu ? Ah bon, il m’aime ? Il faudrait qu’il me rappelle. » En écoutant lentement l’évangile du jour, il acquiesce de la tête, puis murmure : « J’ai peur d’oublier. » Une résidente qui ne parle plus fait le signe de la croix et rejoint silencieusement la prière du Notre Père. Une autre, à qui l’on remet le feuillet de la messe pour qu’elle puisse continuer à prier, répond avec un sourire : « Je vais chanter dans ma tête ! »
Dans une chambre, deux résidentes qui se connaissent bien sont réunies. On se prend la main. En partant, elles lancent un « bravo » à la bénévole, tant elles sont heureuses. Ailleurs, une bénévole et un résident ont les larmes aux yeux. « Finalement, c’est l’équivalent de prier », confie-t-elle. Certains choisissent de garder le lumignon. D’autres, le feuillet de la messe.
Une expérience appelée à se renouveler
Alors que de nouvelles fortes chaleurs sont annoncées, l’aumônerie a décidé de reconduire l’expérience lors de la prochaine messe, avec les deux musiciens de l’équipe qui accompagneront les bénévoles dans les étages. Car comme le rappelle un bénévole, en écho à l’Évangile de Matthieu : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. »
Aumônerie du Centre Hospitalier Sèvre et Loire — Véronique Rocher


