« Les pires conséquences retomberont probablement au cours des prochaines décennies sur les pays en développement. Beaucoup de pauvres vivent dans des endroits particulièrement affectés par des phénomènes liés au réchauffement, et leurs moyens de subsistance dépendent fortement des réserves naturelles et des services de l’écosystème, comme l’agriculture, la pêche et les ressources forestières. » Laudato Si’ §25

Défendre l’accès à la terre, à l’eau pour le bien commun

IRDF (Integrated Rural Development Foundation) est une ONG d’appui basée à Manille depuis 1989, dont la mission principale vise à renforcer les capacités du monde paysan afin de défendre l’agriculture familiale et la promotion de l’agro-écologie dans un contexte d’hégémonie des politiques climaticides d’agrobusiness et de démantèlement des mécanismes d’Etat censés protéger les producteurs de la concurrence étrangère.

IRDF déploie avec le soutien du CCFD – Terre Solidaire une stratégie en 3 points : l’animation d’un réseau de 358 organisations de base qui regroupe 15 000 membres et de coopératives agricoles, l’accompagnement d’initiatives en économie sociale auprès des organisations sociales du réseau, un plaidoyer en alliance auprès des décideurs publics en matière de politique agricole, réforme agraire et impacts du changement climatique sur les populations vulnérables.

Sensibiliser les communautés

Nos approches d’autonomisation débutent par l’analyse des problèmes sociaux, économiques, politiques, culturels et environnementaux tous liés entre eux. Lorsque les communautés sont menacées d’expulsion en raison de projets d’exploitation minière à ciel ouvert, de prospection/génération d’énergie ou de construction de barrages à grande échelle, nous tentons de les sensibiliser aux vastes répercussions socio-économiques et écologiques que ces projets vont engendrer. Nous leur faisons comprendre que la croissance n’est pas le seul indicateur de développement en soi, que les énormes projets d’infrastructure souvent financés par les institutions financières internationales ne répondent pas à leurs besoins, qu’ils sont planifiés simplement pour générer des profits pour les compagnies d’énergie, d’exploitation minière ou d’eau, et qu’ils finissent par détruire la terre et les ressources de base dont elles tirent leur principal moyen de subsistance. Les populations davantage sensibilisées, sont incitées à agir, à être plus solidaires, pour influencer les décideurs politiques et renforcer leur volonté de défendre leurs terres et leurs biens communs contre des projets écologiquement destructeurs. Il est nécessaire de déconstruire l’actuel modèle social et économique mondial de développement qui a engendré une destruction de l’environnement à grande échelle et a acculé de plus en plus de populations à la faim et à la pauvreté, a augmenté les inégalités de classe, de race et de sexe, a aggravé les conflits sociaux et a accru les migrations. Notre démarche met l’humain et l’environnement au premier plan. IRDF essaie aussi de protéger les droits des populations indigènes sur leurs terres et territoires ancestraux, par son travail de plaidoyer et de campagne locale. Elle tente de garantir la sauvegarde de leur tradition et de leur culture, menacées d’extinction par ces projets.

Enfin, pour favoriser la souveraineté alimentaire, le réseau applique les principes de l’agroécologie. Il encourage les agriculteurs à transformer leurs exploitations vers de nouveaux systèmes de production, leur enseigne les techniques de conservation des sols et de l’eau, encourage l’agriculture biologique. Il les aide à négocier de meilleurs prix par le biais de coopératives organisées et à exercer un contrôle accru de leur droit à la propriété par leur engagement efficace avec les agences agraires d’État.