Michel Chauvin, organiste fidèle

Publié le : 13 septembre 2026

Organiste durant soixante années au service des paroisses de Saint-Vital-en-Retz et Saint-Nicolas-de-l’Estuaire, Michel Chauvin s’est éteint au début du mois de juillet, à l’âge de 78 ans. Ses obsèques ont été célébrées le 6 juillet en l’église de Frossay. Cet article lui rend hommage — et à travers lui, à tous ces bénévoles discrets et fidèles qui trouvent dans leur engagement un chemin de foi et de vie.

Un homme de lumière qui ne voyait plus

Devenu aveugle, Michel Chauvin n’avait pourtant rien perdu de sa capacité à illuminer. Lors de ses obsèques, Marie-Agnès Delaunay a tracé le portrait d’un homme multiple : homme de la mémoire, qui retenait chaque rencontre pour l’élever en prière ; homme de l’acceptation, pour qui l’optimisme était une seconde nature, convaincu que « tout est grâce » ; homme des psaumes, qu’il citait par cœur et priait de sa voix et de ses doigts ; homme des béatitudes, enfin — avec malice il commentait celle-ci « heureux ceux qui croient sans avoir vu » en indiquant : « Tout va bien, j’ai une petite longueur d’avance. »

Sa musique aux harmonies inhabituelles pouvait surprendre, mais elle ne laissait personne indifférent. Elle était, disait-on, à l’image de l’Évangile : bousculant le monde qui a des yeux mais ne voit pas. Michel a choisi de se tenir sur le seuil, entrant dans la maison de son Dieu à l’aube de la solennité des saints Pierre et Paul, colonnes de l’Église qu’il avait fidèlement servie. Désormais, il voit.

Une vie placée sous le signe de Marie

Il y a quelques temps, Michel Chauvin avait été invité par les Petites Sœurs des Pauvres à témoigner de la place de la Vierge Marie dans sa vie, à l’occasion de la fête du 15 août. Son récit, lumineux, est celui d’une vie entière jalonnée de signes maternels.

Tout commence dans l’enfance, dans une petite commune de Vendée, avec la prière du soir en famille devant un tableau du Sacré-Cœur, et les pèlerinages annuels à la grotte de Lourdes du village. À 19 ans, c’est le 8 septembre — fête de la Nativité de Marie — qu’il se présente comme organiste dans une paroisse, et le 15 — Notre-Dame des Douleurs — qu’il prend officiellement ses fonctions.

Les années passent, et Marie continue de signer les dates clés de sa vie. En 2004, une maladie rénale nécessite une intervention chirurgicale programmée le 18 février, fête de Sainte Bernadette — « confiée à la petite sainte et à Notre-Dame de Lourdes ». Sept ans plus tard, le rendez-vous avec la néphrologue pour envisager la dialyse tombe, une nouvelle fois, le 8 septembre.

Son histoire avec Lourdes commence à 9 ans, lors d’un premier pèlerinage avec ses parents. En 1984, opéré du rein droit, il promet à Notre-Dame d’accomplir un pèlerinage dès son rétablissement. Il tient sa promesse dès le mois d’août — et pendant 40 ans, sans discontinuer. À partir de 1986, il devient organiste pour les pèlerinages diocésains à Lourdes, assurant répétitions de chant, composition des psaumes et animation musicale pendant 32 ans. « Mais avant tout, je suis un pèlerin comme les autres, chargé d’intentions de prière. »

Il concluait son témoignage avec une formule simple, qui résume toute une vie : « De tout ce que j’ai pu faire dans ma vie, une seule chose est à retenir : donner, pour recevoir encore davantage. Merci Marie ! »

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