Le 20 juin 2021, à 15h en l’église Sainte-Thérèse de Nantes, Mgr Laurent Percerou ordonnera trois diacres en vue du sacerdoce : Pierre-Emmanuel Bouchaud et Benoît de Vasselot pour le diocèse de Nantes, et Bienvenu Sikuli pour le vicariat apostolique de l’archipel des Comores. À quelques semaines de cette célébration, ils partagent leurs témoignages et ce qui les a conduits ainsi à s’engager à la suite sur Christ.  

Benoit de Vasselot

« Bonjour à tous, je suis issu d’une famille de sept enfants dans laquelle je tiens la place de cinquième. C’est vers l’âge de 12 ans que j’ai commencé à me poser des questions sur de la vocation sacerdotale. Aujourd’hui âgé de 27 ans, j’ai fait des études, à Pouzauges, en bijouterie-joaillerie ainsi qu’en sertissage avant de demander à rentrer au séminaire en 2015. Durant les années qui ont suivi, j’ai eu la joie de mieux découvrir les richesses de notre diocèse en étant envoyé en insertion paroissiale à Sainte-Pazanne, à Vertou, à Nort-sur-Erdre et à Savenay. Je suis également parti une année au Bénin pour une mission humanitaire en brousse, dans une ferme tenue par les frères missionnaires des campagnes. Lorsque je suis rentré en France, en août 2018, j’ai continué ma formation avec le cycle de théologie. À présent, l’Église m’appelle à servir mes frères par le ministère diaconal et c’est avec joie que je me tiens à la disposition du Seigneur afin de toujours chercher à faire sa volonté. »

Pierre-Emmanuel Bouchaud

« Ma vocation est une histoire de rencontres. La rencontre de l’Église à travers la pratique de la foi en famille dans le vignoble nantais, à travers le scoutisme et le service de l’autel. Des rencontres avec des prêtres qui m’ont interpellé et auxquels je voulais ressembler : “ Il est heureux, je veux être heureux comme lui. ” Puis des rencontres avec des paroissiens, des visages qui rendent concret un désir de me donner pour le service des autres. Ma vocation a grandi à travers des amitiés nouées. J’ai pris conscience que nous sommes tous liés et que notre devoir est de prendre soin les uns des autres afin que nous découvrions tous où est notre vrai bonheur. Le Seigneur en attire un à Lui, suivons-le tous ! Toutes ces rencontres sont marquées par le même sceau : celui de la Présence de Dieu. Dieu m’a fait désirer ce qu’il voulait me donner. Il me l’a fait découvrir à travers chaque personne que je côtoie, signe de la Providence divine. Mon année de stage en Terre Sainte comme aide-soignant a été pour moi une belle expérience de la vie avec de Dieu, à travers les personnes handicapées qui m’étaient confiées, à travers mes collègues et les autres volontaires, à travers les populations locales et les paysages de cette Terre si spéciale. »

Bienvenu Sikuli

Bienvenu Siluli« Je suis d’origine congolaise mais séminariste depuis 2013 pour le vicariat de l’archipel des Comores. J’y suis arrivé en 2010 pour rejoindre mon père qui y était en mission pour les Nations Unies. À la fin de mon lycée, je me suis posé la question de la vocation pour être prêtre diocésain. Après un temps de discernement, mon évêque m’a d’abord envoyé à l’île Maurice au séminaire interîles pour une année de fondation spirituelle, puis, ici à Nantes pour rejoindre les autres séminaristes de l’océan indien en formation. Après le 1er cycle de philosophie, je suis retourné aux Comores pour une année de stage inter-cycles, aux Comores et à Mayotte (ce département français fait partie du vicariat apostolique des Comores). République fédérale islamique, les Comores comptent 99 % de musulmans et 1 % de chrétiens. La présence de l’Église sur cette terre d’Islam est très discrète et en majorité composée d’étrangers, d’expatriés, mais c’est une petite Église très vivante, très joyeuse qui essaie de témoigner de sa foi d’une manière simple dans un climat de respect. Elle a toujours été guidée par des missionnaires étrangers (Jésuites, Capucins, Missions Étrangères de Paris, et actuellement Salvatoriens) Il n’y a jamais eu de prêtres diocésains, ainsi après l’ordination diaconale je deviendrai le premier diacre incardiné dans cette Église des Comores. La pauvreté est une réalité quotidienne aux Comores, elle donne tout son sens à l’action de l’Église locale : activités caritatives dans les secteurs de la santé et de l’aide aux plus pauvres. C’est cette communauté qui m’a donné envie de m’engager en son sein. J’avais tout quitté au Congo et j’ai été accueilli comme un ami, un frère. Petit à petit, les échanges et la discussion avec les musulmans m’ont permis d’affermir ma foi, de faire germer le désir d’en témoigner, dans une société qui ignore tout du Christ et de la foi chrétienne. Au-delà de nos différences de religion, les familles comoriennes, très accueillantes, m’ont ouvert leurs portes. Ce sont des personnes simples, dont je partage les valeurs humaines ce qui me permet de me sentir chez moi et appelé, comme Abraham en Genèse 12, « Va quitte ton pays et va vers celui que je t’indiquerai ».